Crash de Lungi | Un triste souvenir qui ne meurt jamais
Il y a dix-huit ans jour pour jour, le Togo plongeait dans l’une des plus grandes tragédies de son histoire sportive en terre sierra -leonaise. Un drame non encore élucidé qui laisse plusieurs familles dans le désarroi.
Ce jour-là, l’hélicoptère transportant des membres de la délégation togolaise s’est ecrasé peu après son décollage de l’aéroport de Lungi en Sierra Leone. Les Eperviers avec leur capitaine Atsou Edem Franck, venaient de s’imposer 1-0 dans un match des éliminatoires de la CAN 2008.

Le choc a été immense. Le pays tout entier plongé dans la stupeur et paralysé par l’ampleur du drame. Sur les vingt-deux personnes se trouvant à bord, treize d’entre elles ont péri dans cet accident.
Parmi elles, le ministre des Sports d’alors, Richard Attipoé, Amegnran Kokou Théodore, vice-président de la FTF, Bako Akondo Bachir, Dahin Albert Koffi, comptable, ou encore Amouzou Mensah Olive, de la cellule communication.
Le crash a également emporté mesdames Pondikpa Abou Gado et Kudzi Sélom, de l’administration de la FTF, Lissassi Victor de la commission sécurité, Akohin N’Dete Nestor Serge, et Ouro-Sodji Rahama. À cette liste s’ajoutent Aladji Kossi Djifa, directeur de Freddy Voyage, Bomboma Gnandja, Adom Madanawoé.
Neuf ont survécu, certains portant encore aujourd’hui les cicatrices visibles et invisibles de cette journée funeste.
Un deuil national avait été décrété, tant les larmes coulaient dans toutes les villes du pays. Dans les rues, dans les stades, dans les familles, un même chagrin, une même douleur. Et depuis ce jour, chaque 3 juin est un rappel douloureux, mais aussi un moment d’union et de souvenir.
Dix-huit ans se sont écoulés mais les cœurs n’ont rien oublié. Pour les familles des victimes, pour les survivants, pour les coéquipiers et amis, le souvenir reste vif, presque intouchable. À chaque commémoration, l’émotion refait surface. Le silence règne les regards se perdent, les mots se cherchent.
Il est vrai que les années passent, mais la mémoire demeure. Ce drame a marqué à jamais l’histoire du football togolais. Il rappelle à chacun la fragilité de la vie et l’importance de ne jamais oublier ceux qui ont tout donné. Le football togolais continue d’avancer, de rêver, mais il porte en lui cette blessure invisible, ce devoir de mémoire que rien ne doit effacer.
Aujourd’hui encore, beaucoup espèrent qu’un mémorial digne de ce nom sera erigé pour honorer la mémoire des disparus. Même si un rituel traditionnel a été organisé par l’État à travers le ministère des sports il y a de cela trois ans, au stade de Kégué, cela ne semble pas suffisant.
Dix-huit ans après, le crash de Lungi n’est pas un simple fait divers oublié. C’est une plaie nationale, un souvenir sacré, une douleur partagée. Le Togo n’oublie pas. Le Togo n’oubliera jamais.
